Le Miserere d’Allegri et la Chapelle Sixtine

Le Miserere d’Allegri et la Chapelle Sixtine

Cet article a été écrit pour l’évènement « euKlide: Faîtes confiance au hasard ! » , organisé par Olivier Jadzinski du blog euKlide.
Aujourd’hui, je vais vous raconter une petite histoire, qui ne m’est pas arrivée à Ibiza.
Mais qui m’est revenue, assise, sur ce rocher, entre la mer et le ciel en regardant ces eaux turquoises..
Mon esprit sautant d’un nuage à l’autre, je me souviens de ce Moment Magique. Ces petits clins d’œil qui nous viennent d’un autre monde… Celui des coïncidences.
C’est sous des cieux de l’autre coté de la mer, à Rome, que j’ai vécu ce moment de Magie…
Voici cette belle Histoire..
Depuis le jour où je l’ai découvert, je ne sais plus par quel miracle, je fus une fan inconditionnelle de Michel-Ange. J’aimais tout en lui, ses sculptures, ses peintures, dessins et même ses poèmes.
Pour moi, il y avait Michel-Ange et très peu de choses à côté. Rien ne l’avait jamais égalé et rien jamais ne l’égalerait.
Il était mon modèle parfait, ma source d’inspiration absolue.
Voyager en Italie, voir de mes yeux ses œuvres, me tordre le cou des heures durant sous le plafond de la Chapelle Sixtine représentait le summum de l’accomplissement de mes rêves.
Nous connaissons parfaitement cette étincelle de vie transmise par le doigt de Dieu au doigt d’Adam et nous ressentons tous cette merveille du Miracle de la Création Divine dans ce geste d’une rare délicatesse.
En fait, ce Miracle est inscrit dans chaque parcelle de la fresque. La Chapelle Sixtine est un miracle éternel autant que perpétuel.
Peu de temps avant mon séjour à Rome, écoutant vaguement France-Musique, étant occupée à autre chose, j’entendis une musique d’une indescriptible beauté. Je réussis à l’enregistrer sur mon magnétophone (car nous en étions encore à l’époque des cassettes !) mais ne gardais aucun souvenir d’aucune référence.
Quelle était cette musique ?
De qui était-elle ?
Qui chantait ?
Rien.
Je me contentais pendant près de dix ans de mon malheureux et pauvre enregistrement sauvage, le gardant comme un trésor rare et précieux.
J’ai dû l’écouter ainsi près d’un million de fois, le matin au réveil, le soir au coucher, m’accompagnant dans ces moments d’intense recueillement lorsque je m’évertuais à réaliser un dessin quelque peu intéressant.
Le temps passant, le vinyle fut remplacé par le CD.
Écoutant toujours fidèlement France-Musique, j’eus enfin la chance d’entendre une nouvelle fois MA musique.
Cette fois-ci je lâchai crayons, papier et gomme et me concentrai sur l’écoute. Je ne pouvais pas laisser une seconde fois passer l’information. Je devais savoir qui, comment, pourquoi.
Qui chantait aussi divinement.
Qui avait eu cet incroyable génie pour créer une œuvre d’une telle merveille.
Pourquoi elle fut créée.
Et son nom.
J’eus tout ce que je désirais et plus encore.
Le groupe vocal s’appelait « A sei Voci » – la soprane est tout simplement divine.
Le disque avait été enregistré au Prieuré de Vivoin, dans ma propre petite province sarthoise.
Son génial créateur n’était autre que Gregorio Allegri.
L’œuvre était un Miserere.
Et surtout, surtout, elle fut composée dans un seul et unique but : celui d’être jouée une seule fois par an dans un seul et
unique lieu au monde :
Lors de la célébration de la Pâques, à Rome, au Vatican, dans…
La Chapelle Sixtine.
Ainsi, les deux œuvres que j’aimais le plus au monde et sans lesquelles je n’aurais jamais su vivre avaient été créées pour être ensemble.
La prochaine fois que j’irai à Rome visiter les Musées du Vatican, j’emmènerai mon Archos et j’écouterai le Miserere d’Allegri dans la Chapelle
Sixtine (ah ! oui parce que, entre temps, le numérique est apparu !)